Munch, l’oeil moderne

Riwann revient pour un deuxième article… Cette fois-ci, c’est Munch qui est l’objet de son article. C’est parti !

Ou?: Centre Pompidou ( métro Rambuteau, Chatelet, ou Hotel de Ville )
Qui, que, quoi ? : Edvard Munch, peintre Norvégien expressionniste ( 1863 – 1944 )
Quand : 21 septembre 2011 – 9 janvier 2012
Temps de visites: 1H
Horaires: Tous les jours sauf le mardi, de 11h à 21h. Nocturne le Jeudi jusqu’à 23h.
Tarif: Moins de 25: 9 euros; sinon 12 euros

Vous connaissez Munch ? Oui ? Le Cri ? Mais non…on ne connait pas Munch. Un grand peintre ça s’approche, se renifle, puis un pan de son oeuvre est découvert et le tout est à revoir, encore. On ne connait un grand peintre que dans l’unique mesure où l’on y revient sans cesse, affamé, goulu à l’idée de le saisir, même éphémèrement.

Le Munch pour ménagère pressée, c’est celui des névroses, angoisses, peintre du morbide, expression du désespoir, coup de revolver quand il quitte sa belle… On connait la litanie par coeur.
L’expo de Munch au centre Pompidou tente de sortir de ces éternels lieux communs. Et nous lui en sommes gré.
Au menu ? 60 peintures, 50 photographies tirage d’époque, le tout pour faire valoir un Munch rafraichissant et novateur. Miam.

Munch ou la victoire du mouvement

travailleurs rentrant chez eux - etlaqualite

travailleurs rentrant chez eux, 1913

Le norvégien ne rate rien des débuts du cinéma. Toujours fourré dans les salles de ciné, lui même filme à l’occasion. Il filme quoi ? La ville bien sur ! C’est à dire le mouvement: piétons, tramways.

Dès lors, le cinéma, il l’intègre parfaitement. Les frontières entre l’oeil du spectateur et la toile sont effacées, diluées par ses lignes diagonales langoureuses, rapides, vives; sa marque définitive prend forme. Le tableau glisse vers vous, tout seul…les éléments de second plan surgissent; le tout forme un bloc. L’oeil est assiégé. Les frontières périssables passent à la casserole, enfin. 1000 ans d’avance sur le cinéma et la concurrence. Une invention de maître.

La table d'opération - etlaqualite

La table d'opération

 

Munch photographe

L’intérêt de cette expo est également de présenter pour la première fois son travail de photographe. Munch prend tout en photo: ses tableaux, sa maison, son jardin, son chien…Et surtout lui même, il se transforme en une sorte de reporter des ses sensations: gros plan sur son visage, , reflet du passage du temps, poses divers, rides. En somme, il fait le boulot pour la postérité.

Lui même le savait : » Un jour lorsque je serai vieux, et n’aurai rien d’autre de mieux à faire que d’écrire mon autobiographie, alors tous mes autoportraits ressortiront au grand jour. « 

 

Portrait à la Marat - etlaqualite

Portrait à la Marat

portrait avec un chapeau

Munch devant ses tableaux - etlaqualite

Munch devant ses tableaux

Munch l’obsédé

Sa femme nue - etlaqualite

Sa femme nue

 » Quand je suis tellement habité par une image, n’est ce pas aussi valable que de peindre des centaines de pommes ou de violons sur une table ?  » Munch

Pour des commandes ou à titre personnel, Munch enchaîne les reprises, copies, variantes infinies d’un même motif de départ. Il change de décor, d’ambiance, joue sur la luminosité, remplace un élément ou deux.

La « femme nue », c’est une dizaine d’exemplaires qu’il nous en offre : peinture, mais également photo et sculpture. Il ne lâche pas son sujet. Son sujet ne le lâche pas. Comme si il essayait l’impossible : abolir les distances éternelles entre le peintre et son modèle.
Alors il cavale après un souvenir, une vision, et nous avec lui.

L'artiste et son modèle, 1921 - etlaqualite

L'artiste et son modèle, 1921

On a fait de Munch le peintre de l’angoisse existentielle, du morbide.

Or si il a peint le meurtre, la maladie, la misère, c’est aussi parce qu’il avait saisit que le nouveau roman moderne, ce nouveau fil ininterrompu d’aventures éparses, sensationnelles, était désormais narré par les journaux et le cinéma.
Que fait Munch lorsqu’il entend qu’une maison brûle? Il fonce et va la peindre.

Plus de 60 ans après sa mort, on commence à peine à percevoir le millième du quart de son travail acharné, titanesque. Comme à chaque fois que la culture se mêle d’art, elle l’enferme ( tout le temps) , et il faut remonter la courbe des falsifications pour parvenir à la substantifique moelle.

Je vous l’ai dit: on ne connait pas Munch.

Le baiser, 1897 - etlaqualite

Le baiser, 1897

Autoportrait, 1940 - etlaqualite

Autoportrait, 1940


Ou?: Centre Pompidou ( métro Rambuteau, Chatelet, ou Hotel de Ville )
Qui, que, quoi ? : Edvard Munch, peintre Norvégien expressionniste ( 1863 – 1944 )
Quand : 21 septembre 2011 – 9 janvier 2012
Temps de visites: 1H
Horaires: Tous les jours sauf le mardi, de 11h à 21h. Nocturne le Jeudi jusqu’à 23h.
Tarif: Moins de 25: 9 euros; sinon 12 euros

 

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1 comment

  1. Olivier, ces derniers articles sont vraiment interessants. Merci :)

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