Notion absconse du développement personnel, le « lifestyle » revient en force depuis quelques années. Mais au fait… c’est quoi le « lifestyle » ?
Pour beaucoup, le « lifestyle », c’est manger dans de bons restaurants bien chers, porter en permanence des chemises venant de son tailleur personnel et faire très attention à chaque aspect de sa vie. D’ailleurs, je vous avoue quelque chose, utiliser des mots comme « absconse » que seulement 10% de la population comprend… c’est très « lifestyle » ! Cela sépare le monde en deux catégories de personnes : ceux qui connaissent ce mot (moi), dit « les professeurs » et ceux qui ne le connaissent pas (vous), les « élèves ».
Arrogance ? Exactement. Elle et le « lifestyle » tel qu’il est vendu aujourd’hui sont étroitement liés.
L’évolution du « Lifestyle »
Au début, le « lifestyle », mot anglo-saxon, se suffisait à lui-même au sens propre du « style de vie ».
Chacun se devait de posséder un « lifestyle », même si un seul modèle était mis en avant par certains sites obscurs spécialisés dans les rapports humains : faire du sport, sortir avec ses potes/copines et ne pas boire en soirée afin de pouvoir profiter pleinement.
De nombreux forums ont éclos. Et avec eux, toute une génération de ce que j’appelle les assistés : ils ne savent pas par ou commencer, ils prennent donc conseil. C’est légitime, je ne crache pas sur cela : c’est de plus, à mon sens, une grande marque d’intelligence.
Mais ces « assistés » prennent goût à se reposer sur autrui. Ils en viennent à singer les autres, voire à se reposer entièrement sur la communauté au lieu d’explorer par eux-mêmes les différentes pistes qui s’ouvrent.
C’est un peu comme faire du vélo avec les roulettes à 20 ans. Vous ne tomberez jamais, mais vous allez laisser les autres décider pour vous. Quand vous enlèverez les roulettes, vous tombez, vous avez mal, vous faites des erreurs, mais au final vous gagnez de l’expérience et de la maturité. Et vous crânez sur votre VTT ;)
Bref, ces « assistés », n’arrivant pas à trouver leur propre « lifestyle », demandent conseil pour tout et n’importe quoi :
- je cherche un restaurant lifestyle, quelqu’un pour me conseiller ?
- Un hoodie en soirée ? Mais non… c’est pas lifestyle !
- Mec, prends pas cette marque de chips, j’en connais une plus lifestyle !
- Pour ce soir, il me faut des préservatifs lifestyle !
De manière générale, méfiez-vous de cet intitulé. Avec du « lifestyle », on vend n’importe quoi. Lifestyle-truc, bidule-lifestyle… Et en plus, si vous prenez une direction différente de celle dictée dans la bible des gourous, vous recevrez uniquement des remarques pleines d’arrogance et remplies de jugements de valeurs simplistes.
Normal : vous suivez le « lifestyle » qu’ils vous imposent = vous suivez leur business-model = vous achetez leur produit.
Car à force d’entendre « lifestyle » par ci, « lifestyle » par là… Oui, le « lifestyle » est vendeur. Sa cible : les gens qui ne savent pas ce que c’est, et qui pensent que c’est une méthode générale.
Or, le style de vie, c’est tout sauf cela.
James Bond a un « lifestyle ». Le Big Lebowski a un « lifestyle ». Tous les deux sont heureux. Pourtant je doute qu’ils soient interchangeables.
Un style de vie, c’est personnel, et ça se construit sur la durée.
La place de EtLaQualité
Si vous faites attention, EtLaQualité est aussi un site de « Lifestyle » ! A ceci près qu’il ne prône et n’impose pas une ligne de conduite et un style de vie particulier : le but, c’est de mettre en avant ce qui est de qualité.
C’est pour ça que, par exemple, vous trouverez sur le site le Plaza Athénée et le Petit Bar, tout simplement car ce sont deux expériences de qualité lorsque vous les vivez. Pourtant, on ne peut pas faire plus différent au niveau des styles…
Le style de vie, c’est bien, mais…
… des fois c’est étouffant. On vous dit que de boire en soirée ou de ne pas aller à une expo une fois par semaine, ce n’est pas « lifestyle », donc ce n’est pas bien.
Ce à quoi je réponds qu’il est nécessaire, parfois, de lâcher prise. D’arrêter de vouloir contrôler le moindre fait et geste qu’on accomplit.
Vous avez trop bu hier ? c’est pas si grave que cela (et même, des fois ca fait du bien!).
Vous êtes allé dans un resto ne vous correspondant pas (que vous n’avez pas aimé) pour l’anniversaire d’un ami ? on s’en moque ! Cela ne va pas vous tuer.
De temps en temps, transgressez votre style de vie.
Car un style de vie se résume après quelques temps à une zone de confort : vous êtes piégé dedans.
Sachez donc en sortir le moment voulu.
Le mot de la fin
Lifestyle, mon ami… décliné à toutes les sauces, je ne sais plus ce que tu veux dire. Tu deviens un concept (trop) abstrait. Un concept marketing.
Cela prend du temps afin d’en avoir un solide et personnel.
Il est temps de revenir aux fondamentaux.
Un style de vie de qualité ne peut être acheté. A chacun de définir le sien, de l’aimer, de le chérir, d’en prendre soin, mais aussi de savoir le transgresser.
Photo : Sunova Surfboards
Un sondage est disponible dans la partie haute du site... accédez-y en cliquant ici !
Sur le même sujet :







28 novembre 2011 à 19:55 ·
Effectivement, du lifestyle on nous en vend partout… Et c’est plutôt une bonne chose de vouloir un style de vie, mais c’est encore plus important de savoir quel style de vie on veut vraiment. Merci pour ce rappel !
Binh
Binh recently posted..5 raisons qui nous empêchent d’être authentique