Beauté, morale et volupté au Musée d’Orsay

Premier article de Riwann sur Etlaqualité, compte-rendu d’expo… c’est parti !

Avis à tous les dandys… Non, pas cet affreux anachronisme à la Télérama. Je reprends. Avis à tous les quêteurs du beau, esthètes, amoureux du superflu, du geste pour rien – celui qui demeure lorsque le nécessaire s’efface -.
Le musée d’Orsay regroupe les meilleurs peintres et designers British de la seconde moitiée du XIXème sous la houlette spirituelle d’Oscar Wilde. Au menu : l’Aesthetic Movement, ou de la couleur, de la littérature, du mobilier et des robes. De l’Art…pour l’Art.

Au commencement du superflu naît la beauté

Quel est le point commun entre le designer Dresser, le peintre Rossetti, ou l’écrivain Oscar Wilde? La même haine, en pleine Angleterre Victorienne, pour cette civilisation industrielle, celle des moteurs, trains vaporeux et autres usines mortifères.

« L’industrie est la racine de toute laideur « , Wilde, clair comme toujours…

On est bien loin des impressionnistes et encore plus des futuristes qui décideront de transposer sur leurs toiles ce monde moderne naissant.
Ici la démarche est radicale; les peintres Anglais choisissent de ne peindre que des scènes anti modernes par excellence : portraits d’aristocrates, scènes médiévales, antiques. Il s’agit toujours de quitter l’Angleterre victorienne quitte à s’inspirer du Japon ou de la culture Islamique ( à peu près le même rôle que l’Art nègre pour les peintres du début 20ème). On a le droit aux belles rousses de Gabriel Rossetti, à quelques toiles de James Tissot, le plus anglais des peintres Français, et surtout du Whistler, ce peintre Américain grand ami de Wilde.

Whistler.

Tissot.

Un mode de vie

De la peinture ? Oui, mais pas seulement : mobiliers, porcelaines, bijoux, robes, illustrations d’ouvrages, sculptures, photographies…une expo diverse comme jamais. Il s’agit d’immiscer le beau partout, y comprit dans les facettes de l’existence les plus triviales. L‘art comme mode de vie. Une vie de dandy, hermétique à la marchandisation du monde, au grand nivellement par le bas. Ainsi Christopher Dresser, avec sa theillère avant gardiste, tente de mettre en action les mots de Wilde : » Nous pouvons pardonner à celui qui fabrique un objet utile, pourvu qu’il ne l’admire pas. La seule excuse valable, quand on crée un objet inutile, c’est de l’admirer intensément. L’art tout entier est parfaitement inutile »

Christopher Dresser.

L’expo est ponctuée de mots d’esprit d’Oscar Wilde, toujours cinglant, bref : jouissif. De l’aphorisme pur. Exemple :  » On devrait toujours être amoureux. C’est pour cela qu’on ne devrait pas se marier.  »

Leighton.

Ce mouvement varié prendra fin dans les années 1890, au même moment où Wilde subit son procès en sorcellerie. La prison : le prix fort pour son goût des hommes.

Il croyait que l’avenir appartiendrait aux dandys, qu’on assisterait au  » règne imminent des précieux » .
Il ne se trompait pas. Seulement il savait que les mensonges les plus enthousiastes sont les plus nécessaires.

Rossetti.

Infos pratiques

Ou?: Musée d’Orsay ( métro 12 ou RER C, station Solférino )
Qui, que, quoi ? : l’Aesthetic movement, peintures et mobiliers anglais de la fin 19ème
Quand :13 septembre 2011 – 15 janvier 2012
Temps de visites: 1H
Horaires conseillés: nocturne de jeudi, jusqu’à 21H45
Tarif: gratuit pour les moins de 25, sinon 8 euros

 

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